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Chapitre 3 : LA CHRONIQUE DE L’ANNEE
1951.
Dans ce chapitre sont mis en lumière, l’arrivée et les
premières opérations militaires du Bataillon, toujours dans le cadre du déroulement
même de la guerre.
Janvier 1951.
Sur le Kamina aussi l’édition du Journal du Bataillon
continue. Beaucoup de ces exemplaires ne sont plus disponibles, mais on trouve
encore dans le n° 3 :
« Janvier 1951 – En mer… : une image de
l’ambiance de trois semaines en mer ; un petit mot du Padre ;
quelques conseils à propos de l’hygiène sur le bateau ; un remède
contre le mal de mer ; un petit coin pour les Volontaires Luxembourgeois ;
instructions pour connaître la façon d’envoyer de la correspondance depuis
Colombo. »
Les Volontaires sur le Kamina enregistrent des messages,
destinés aux membres des familles en Belgique.
Le Kamina atteint Colombo à Ceylon. Il n’y a pas de
courrier qui est arrivé pour les Volontaires.
La décision est prise de joindre le Bataillon à une
Brigade Britannique. Il fut d’abord songé à la 27ème Brigade
Britannique, car cette dernière était composée d’hommes du Commonwealth :
à côté des Britanniques, il y avait aussi des Australiens, des Canadiens et
des Néo-Zélandais. L’organisation se ferait d’après le système
Britannique, mais bien disposer des rations Américaines. Ceci paraît être une
solution avantageuse, mais plus tard le Bataillon passât à la 29ème
Brigade Britannique.
31 janvier 1951.
Fin janvier/début février 1951.
En Corée, arrivent six Volontaires féminines, quatre
collaboratrices cantinières et deux infirmières, elles furent choisies entre
plusieurs candidatures. Elles sont assimilées aux officiers des rangs inférieurs
et travaillent avant tout au service des malades et blessés du Bataillon, en
Corée et au Japon.
1er février 1951.
Le Bataillon subit un entraînement plus avancé en Corée
même (Tongnae-Dong), jusqu’au 10 février 1951. Il est avant tout prévu pour
l’adaptation à la stratégie et aux armes Américaines.
8 février 1951.
Le Lieutenant-Colonel, A. Crahay signe les documents nécessaires
pour créer un « Conseil de Guerre en Campagne ». Un Auditeur
Militaire, I. Roggen, était déjà en Corée le 2 février 1951. Ce Conseil de
Guerre cessera d’exister le 3 novembre 1955. Le nom officiel de ce Conseil de
Guerre est « Conseil de Guerre près des Forces combattantes Belges en
Extrême-Orient ».
Le Général Américain Ridgway visite le Bataillon.
1er mars 1951.
Le Bataillon est incorporé au 15ème Régiment
de la 3ème Division Américaine.
Le Padre Vander Goten donne la messe dans une église dépouillée
et en ruine, qui a été pillée au cours des précédentes opérations ;
les images pieuses sont disparues ; presque toutes les vitres cassées et
il ne reste que deux stations du chemin de croix. La messe est suivie par de
nombreux Volontaires, mais aussi par beaucoup de Coréens.
18 mars 1951.
Le Lieutenant P. Beauprez est tué au cours d’une action
de reconnaissance, à Tchu-Dong.
Le soldat G. Gobert est porté disparu au cours des
opérations,
le 21 mars 1951 ; il décèdera plus tard en captivité, le 12 novembre
1951, au camp 5, à Pyongyang. Il fut blessé pendant le combat et mourut des
suites d’une appendicite. Le soldat Gobert devait, avec un autre Volontaire,
porter un poste de radio à une des Compagnies Belges ; sur le chemin ils
furent pris sous le feu de l’ennemi. Gobert ne retourna pas à la position ;
une patrouille envoyée retrouva son casque et son foulard, mais l’homme lui-même
avait disparu, fait prisonnier par les Chinois.
Le Bataillon progresse, via Nung-ni et Tokchen-ni, pour
atteindre Su-dong le 23 mars.
23 mars 1951.
La Compagnie C occupe la Colline 155 dans une position
« all-round » dans les environs de Nidjongbu. Le 3ème
Peloton se trouve sur un éperon de cette colline et est la première Unité
Belge qui est attaquée.
Le soldat F. Rottiers est tué sur cette colline, au cours
d’une attaque Chinoise dans le courant de la nuit. D’après une enquête il
apparaît que F. Rottiers fut touché par un coup de baïonnette. Son transport
vers le premier poste de secours fut très lent et…
Six (ou huit) Chinois sont tués aux environs immédiats de
la position Belge.
Plus tard, un Chinois blessé fut trouvé dans les lignes
Belges, qui transmettait des informations par téléphone à l’arrière-garde.
Les véhicules et la réserve d’approvisionnements du
Bataillon sont arrivés à Fusan et sera à la disposition des Volontaires au 27
mars 1951.
Les Généraux MacArthur et Ridgway font une courte visite
au Bataillon. Selon les journaux, le Général MacArthur aurait dit aux Belges :
« Soyez prudents », les Volontaires nient cei catégoriquement.
Le Bataillon progresse via Chung-se, Maion-ni et Sangnae-ni,
où le 187ème Bataillon Américain est relevé le 29 mars.
Début avril 1951.
Le Major Médecin A. Guérisse arrive au Bataillon en
renfort du Service médical, où ne pratique qu’un seul docteur, le Sous-Lieutenant P.
Derom. Chaque Compagnie dispose d’un poste de secours médical
avec deux infirmiers, au Quartier-Général du Bataillon même travaille le
Service médical central, avec les docteurs. Pour l’évacuation des blessés
graves il est fait appel aux hélicoptères Américains ; pendant les
combats de l’Imjin les hélicoptères apportent quinze blessés graves Belges
vers des hôpitaux chirurgicaux.
6 avril 1951.
A Pusan se déroule une impressionnante cérémonie au
cimetière de l’ONU, avec la participation de représentants de tous les pays
participants, sous la conduite du Général M. Ridgway, Commandant de la 8ème
Armée Américaine. Un parc d’honneur Belge est aussi prévu, où déjà
reposent le Lieutenant Beauprez et le soldat F. Rottiers.
9 avril 1951.
Une patrouille sous la conduite du Capitaine-Commandant
Poswick et le Sous-Lieutenant Fichefet, avec quatre hommes traverse l’Imjin.
Ils n’ont pas rencontré de Chinois. La raison en est que souvent les Chinois
laissent un « no man’s land » ouvert de 10 Km entre deux
positions, de sorte que les patrouilles de reconnaissance restent souvent sans
résultat.
11 avril 1951.
Le Général D. MacArthur est remplacé par le Général M.
Ridgway. MacArthur devait, en tant que commandant en Chef de la Force Armée de
l’ONU, travailler avec de grands groupes, mais ne perdait aussi pas de vue les
problèmes des plus petites Unités. Un exemple : lorsque le docteur A.
Guérisse,
à son arrivée en Corée, n’eut pas de transport pour l’amener au Bataillon, MacArthur mit son avion personnel à sa disposition ; il était
au courant de la situation difficile du Bataillon au point de vue médical, car
il n’y avait qu’un docteur, le Sous-Lieutenant médecin P. Derom.
« Lorsqu’il
fait sec, les conducteurs de jeeps et de camions doivent porter des grandes
lunettes anti-poussière ou un masque improvisé, avec un foulard. On roule à
travers de gros nuages de poussière, qui agressent la gorge. La vitesse moyenne
est de 10 à 15 Km/heure.
18 avril 1951.
Le Bataillon reçoit l’ordre de relever le Royal Ulster
Rifles sur la Colline 194, de l’autre côté de la Rivière Imjin. Ceci est
une mission difficile parce que le Bataillon à cet instant ne peut mettre en
ligne que 466 hommes et il y a 880 « Ulsters » à remplacer. Les
Volontaires creusent des trous de fusiliers, placent des mines et des rouleaux
de fil de fer barbelé, pour défendre leur position.
Les pertes Américaines, depuis le début de la guerre s’élèvent
à 10.363 morts et plus de 40.000 blessés.
22 avril 1951.
Le Bataillon (et la 29ème Brigade Britannique),
sont attaqués par la 63ème Armée Chinoise, sur un grand pied, dans
une offensive de printemps. Les Belges savent se retirer de leur position de
l’Imjin, le 23 avril 1951.
Les chinois ont de lourdes pertes et l’offensive est
stoppée.
23 avril 1951 – 04.00 h.
Le Bataillon Britannique des « Glousters » est
durement attaqué par des infiltrations Chinoises, qui avaient traversés l’Imjin.
Seulement 40 hommes pourront, plus tard, rejoindre les positions Britanniques ;
les autres sont tués ou faits prisonniers.
23 avril 1951 – A partir de 05.00 h.
Un Peloton sous la conduite du Lieutenant J. Hosdain est
envoyé en reconnaissance vers les ponts. Une Section de 6 hommes, sous la
conduite du 1er Sergent G. Lemouche est envoyée en reconnaissance
vers le deuxième pont, à 08.00 h., mais tombe aux mains des chinois. Les ponts
sont sous le contrôle des Chinois, de sorte que le repli du Bataillon, par-dessus ces
ponts, devient problématique. Entre-temps la Compagnie C est
fortement attaquée et se trouve en difficulté. Une contre-attaque, sous la
conduite du Commandant de Compagnie, le Lieutenant P. Janssens allège la
pression. Des Volontaires du Peloton Luxembourgeois et quatre tanks du 7ème
Régiment de la 3ème Division de Cavalerie Américaine appuient ces
actions.
A partir de 13.00 h., le Bataillon commence à se retirer ;
cela durera toute l’après-midi et est soutenu par la Force Aérienne de
l’ONU, deux escadrons de tanks Américains et un Bataillon du 7ème
Régiment de la 3ème Division d’Infanterie Américaine. Le retrait
durera jusqu’à 23.00 h. ; les hommes, par Compagnie, à travers de l’Imjin
et les véhicules, via les ponts.
Le Bataillon a eut 12 tués et 30 blessés à l’Imjin.
A l’Imjin tombent : le 1er Sergent G.
Lemouche ; le Sergent A. Claes, les soldats F. Cabuy, P. Claeys, R.
Cornette, A. Degand, L. Degroote, L. Dumont (il était gravement blessé et
mourut à l’Hôpital Militaire, à Tokyo le 26 avril 1951), L. Henrot, A.
Masset, M. Pieters et R. Vandeputte.
Au cours de la retraite 10% des armes et 70% de l’équipement
ont été perdus. Seul quelques véhicules sont abandonnés ou ont été perdus.
Les corps des six prisonniers de guerre Belges (ensemble
avec deux Britanniques) sont retrouvés.
25 avril 1951.
Le Major, breveté d’Etat-Major, G. Vivario devient le
Commandant du Bataillon, jusqu’au 10 juillet 1951, comme première période de
commandement.
5 mai 1951.
Le Major G. Vivario envoi un important rapport au Ministre
de la Défense Nationale dans lequel il dit entre autres :
« Le Bataillon Belge est appelé à exécuter les mêmes
tâches qu’un Bataillon normal, d’un minimum de 750 hommes (tandis que les
Américains avaient présupposés un effectif de 1.000 hommes). S’il y a moins
de 750 hommes, alors cela mène à une trop grande fatigue, des pertes à éviter
et des risques d’une extermination totale, dans le cas d’une attaque
Chinoise en masse. »
Textuellement, il y a d’écrit dans le rapport :
« Un peloton en plus à l’Imjin aurait évité la plus grande partie des
pertes. »
Le soldat A. Terdeuse tombe à Sindae-Ri.
18 juin 1951.
Le Capitaine-Commandant F. Poswick décède, en service
commandé, des suites d’un accident d’auto à Yong-Dong-Po.
2 juillet 1951.
Le soldat K. Lesuisse décède au M.A.S.H (Note de GVA,
Mobile Army Surgical Hospital = Hôpital Chirurgical Mobile de l’Armée)
8063 en Corée, des suites des blessures encourues.
10 juillet 1951.
Le Lieutenant-Colonel A. Crahay devient Commandant du
Bataillon, jusqu’au 14 septembre 1951, comme deuxième période de
commandement.
21 juillet 1951.
Le soldat J. Broeckx est tué au combat.
4 août 1951.
Le soldat A. Vifquin se tue à Sindae. Il s’est noyé au
cours de combats en traversant l’Imjin.
17-18 août 1951.
Un attentat à la bombe est commis contre les locaux du
Parti Communiste Belge, avenue de Stalingrad à Bruxelles. L’auteur est le
Sergent R. Magnin, à peine revenu de Corée ; son motif repose sur la
continuation d’un combat contre le Communisme. Il est condamné à une peine
de prison de cinq ans.
14 septembre 1951.
Le Major G. Vivario devient Commandant du Bataillon,
jusqu’au 29 octobre 1951, comme deuxième période de Commandement.
Le Bataillon est incorporé au 15ème Régiment
d’Infanterie Américain de la 3ème Division d’Infanterie Américaine
et occupe des positions à Chorwon. Il s’agit d’une colline isolée au
milieu d’une plaine.
10 octobre 1951.
Le Bataillon est violemment attaqué à la Colline 391 (Broken
Arrow), jusqu’au 14 octobre, surtout par des tirs d’artillerie.
Furent tués au cours des combats à Haktang-Ni :
Sous-Lieutenant J. Dehalleux (13/10) ; Sous-Lieutenant W. Van Driessche
(11/10) ; 1er Sergent J. Depree (12/10) ; 1er
Sergent J. Schouterden (14/10) ; Sergent C. Caudron (13/10) ; les
soldats F. Bogaerts (10/10) ; J. Chiry (11/10) ; Ch. De Groot (11/10) ;
R. Clausing (13/10) ; A. Van Puymbroeck (11/10).
16 octobre 1951.
Le Bataillon est rattaché à la 1re Division de
Cavalerie Américaine et occupe des positions près de Chokko-Ri, jusqu’au 12
novembre 1951.
25 octobre 1951.
A Pan-mun-jon, commencent les négociations définitives en
rapport avec l’Armistice.
20 novembre 1951.
Le Bataillon occupe des positions près de Kojakkol, de
concert avec le 65ème Régiment de la 3ème Division
d’Infanterie Américaine.
21 novembre 1951.
Le Lieutenant-Colonel N. Cools devient Commandant du
Bataillon, jusqu’au 23 février 1952.
22 novembre 1951.
Le soldat N. Rotsaert décède en service commandé à
Chongin-Ni
2 décembre 1951.
Le soldat E. Mottart est tué à Kojakkol.
Le soldat F. Wattiez décède en service commandé à
Kojakkol.
Le Bataillon exécute l’ « Opération Camélia ».
Le but de celle-ci est de reconnaître les positions Chinoises.
Le 1er Sergent A. Biron est tué à Nalgung-Dong.
31 décembre 1951.
Effectif du Bataillon : 701 Volontaires.
Fin 1951.
Les paiements effectués et justifiables pour 1951, s’élèvent
à : 18 million de FB.
L’instruction à Kaulille et en
Corée.
(Témoignage
du soldat L.V.B.)
En
juin/juillet j’étais à Kaulille. Du fait que j’étais plus âgé que le
Volontaire moyen, l’instruction était difficile. Je me souviens encore
d’une colline, avec un arbre, auquel était tendu une corde ; nous nous
balancions vers le bas par-dessus une petite rivière ; le Sergent
instructeur défaisait la corde car nous ne glissions pas assez vite vers le bas
et je suis tombé dans l’eau. Il y avait aussi la détente : il y avait
la foire à Kaulille et une paire de camarades et moi-même avons renversé 2
petites voitures de l’auto-scooter
N
Corée aussi l’instruction était difficile ; un exemple : avec un
sac à dos, rempli de gros cailloux, nous devions grimper les collines. Dans les
buissons on trouvait des serpents verts noirs, que nous avons tués avec nos
pelles.
Une mission d’un chauffeur en Corée.
(Témoignage
du soldat L.V.B.)
Lorsque
le 1er Bataillon retourna en Belgique j suis devenu chauffeur d’une
jeep, avec une remorque. Lorsqu’on roulait en montée, la pédale de l’accélérateur
ne pouvait pas être lâchée, car autrement la jeep ne pouvait plus démarrer
et continuer à rouler. La remorque était toujours lourdement chargée avec des
toiles de tentes, des kitbags, de la nourriture etc. Les chars avaient tracés
de profondes ornières dans la terre ; qui "étaient gelées. Le pont
avant d’une jeep était assez bas et traînait donc parfois aussi par terre ;
ceci était la cause des ponts avants cassés, et pourquoi la jeep devait aller
chez les Américains pour les réparations. La plupart des pannes pouvaient être
réparées par moi ou au Bataillon. Les jeeps étaient de solides petits
véhicules.
Lorsque ma jeep n’était pas employée, j’enlevais le « delco »,
pour éviter que d’autres n’en fassent un usage inopportun.
Au
cours de mes missions – la plupart du temps le transport de vivres – on ne
m’a jamais tiré dessus. Une fois j’ai quand même passé une demi heure
couché sous ma jeep, à une cinquantaine de mètres de Chinois, qui étaient
occupés à ramasser des corps, jusqu’à ce qu’ils fussent disparus. C’était
le soir et il faisait noir et j’étais complètement seul.
La pratique des soins médicaux fin
1951/début 1952.
(Témoignage
du docteur S.K.)
Les
sous-officiers devaient pouvoir faire des piqûres et placer une infusion de
baxter ; chaque sous-officier savait aussi administrer de la morphine et
avait une connaissance élémentaire pour cela (par exemple : pas de
morphine lors de blessures à la tête).
Chaque
Compagnie avait un sous-officier du Service médical et deux ou trois infirmiers
se trouvaient dans le poste de liaison de la Compagnie. Avec une patrouille de
Peloton il n’y avait pas toujours un infirmier qui accompagnait.
Nous
avions une vieille mais solide ambulance Anglaise, une très bonne Américaine,
une offerte par une firme Belge (Beherman-Demoen), qui était trop faible ;
des jeeps, avec deux civières pour transporter les blessés vers le poste de
liaison central.
On
pratiquait la médecine préventive. Exemple : les hommes furent avertis de
ne pas boire l’eau des cours d’eau, auxquels ils donnaient quand même la préférence
à l’eau avec des tablettes de chlore, qui avait mauvais goût. Ils recevaient
des informations sur l’hygiène, les pieds, les ongles, les vêtements se
laver… Ceci n’était pas un enseignement dans une classe, mais se faisait en
donnant des explications et en convaincant.
La
tâche du service médical consistait à mettre les blessés « en état
d’évacuation » : étancher le sang ; par des garrots ;
d’empêcher les infections, par des antibiotiques ; stimuler la
respiration par l’administration d’oxygène ; etc. L’Hôpital se
trouvait à une distance moyenne de 10 à 15 minutes en jeep.
Toutes
les deux semaines il y avait, le dimanche après-midi, chez les Américains, une
conférence au sujet d’un important ou actuel problème médical.
Pendant
les périodes de repos il y avait un système de consultations ; pendant
les combats le service médical était disponible en permanence.
Il
arrivait parfois – pendant les périodes de repos – que quelques hommes
essayaient d’obtenir une période « d’exemption de service » ou
« d’exemption d’entraînement physique ». Parfois cela s’avérait
nécessaire, mais lorsqu’il s’agissait de simulateurs, le docteur Guérisse
les emmenait pour une petite balade d’une dizaine de kilomètres, à pied
évidemment.
Les blessés étaient presque toujours envoyés à Tokyo. De temps en temps
j’allais à Tokyo, pour vérifier où en était la progression de la guérison
et s’il n’y avait pas de « pseudo malades » ; il est arrivé
quelques fois que je retrouvais quelqu’un, qui avait déjà trouvé un petit
emploi, par exemple dans un Hôpital Américain.
Certains
hommes étaient très habiles en assistance. Ainsi, par exemple, le Sergent
Vervloesem était en fait T.S., mais une fois il dû placer quelques bandages ;
il fit cela si habillement qu’on fit encore plus appel à lui, qu’en fin de
compte il se retrouvât au Service médical.